Affaires humanitaires

L’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) est une organisation intergouvernementale créée en 1951 au cours d’une Conférence internationale sur les migrations appelée à l’époque, Comité intergouvernemental pour les Migrations Européennes (CIMAE). Cette dernière s’occupait de la réinstallation des migrants et des réfugiés du continent européen après la Deuxième Guerre mondiale. Cependant, les mouvements migratoires se multipliant à travers le monde, le Comité, de plus en plus sollicité, devenait le Comité intergouvernemental pour les migrations (CIM) en 1980 puis l’OIM en 1989.

L’OIM regroupe actuellement 132 Etats, de 97 observateurs au nombre de 17 Etats et 80 Organisations internationales et ONG d’envergure mondiale ou régionale.  Elle dispose de 420 bureaux extérieurs,  plus de 7000 membres de personnel opérant dans le cadre de 2820 projets en 2010.

L'Algérie assure la présidence l'OIM pour l'année 2011 qui conïcide avec le 60ème anniversaire de cette Organisation.

Les dépenses de cette Organisation en pleine expansion sont passées de 242.2 millions USD en 1989 à plus de 1 milliard USD en 2010.

L’OIM s’emploie à ce que les migrations soient gérées humainement et en bon ordre, à promouvoir la coopération internationale sur la scène migratoire, à faciliter la recherche de solutions pratiques aux problèmes migratoires et à offrir une assistance humanitaire aux migrants dans le besoin, y compris les réfugiés et les déplacés internes.

L’OIM déploie son action dans les sept principaux domaines suivants, qui sont les piliers de la gestion des migrations :

   - Gestion des mouvements et des migrations dans les situations d’urgence et  d’après-crise ;

  - Migration et santé ;

  - Migration et développement ;

  - Migration régulée ;

  - Migration assistée ;

  - Politiques migratoires, recherche et communication ;

  - Programmes de réparation.

La présence renforcée de l’OIM au plan international, ainsi que les besoins accrus et la variété des intérêts des Etats membres ont rendu nécessaire de faire évoluer les méthodes de travail de l’Organisation. Les Etats membres se sont d’abord intéressés au cadre institutionnel de l’Organisation et le Conseil a adopté en 1998 des amendements à la Constitution portant création d’un organe qui remplacerait le Sous Comité du budget et des Finances : le Comité permanent des programmes et des finances (CPPF) pour permettre de combler une lacune institutionnelle- l’absence d’une structure permanente d’examen des programmes et des activités de l’Organisation- et de suivre les questions budgétaires.

107ème session du Conseil de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) ***** Débat général ***** Déclaration de la délégation algérienne

                                                        Genève, le 05 décembre 2016

 

 

 

 

M. le Président,

 

Ma délégation s’associe à la déclaration prononcée par le Ghana au nom du Groupe africain.

 

Nous voudrions tout d'abord vous dire combien nous sommes heureux de vous voir diriger nos assises.

 

Nous remercions le Directeur Général et le Directeur Général adjoint, pour leur direction inspirée et nous les assurons à nouveau de notre plein appui.

 

Nous avons écouté avec un intérêt particulier le discours préliminaire de S.E. M. Peter Thomson, Président de l’Assemblée Générale des Nations Unies dont nous saluons la présence au sein de notre auguste assemblée.

Son discours, reflète l’engagement de la Communauté internationale à trouver des réponses à la crise migratoire, considérée comme la plus grave depuis de la deuxième guerre mondiale.

 

Aussi, nous nous réjouissons de l'excellent rapport présenté par le Directeur général, l'Ambassadeur Swing sur le bilan des activités de l’Organisation de l'état actuel et la gouvernance de la migration à l'occasion de son 65 ème anniversaire. Nous sommes satisfaits du développement de l’activité de l'OIM malgré les crises imprévues sur la scène migratoire internationale. Nous partageons également son avis de porter un nouveau regard sur les contributions collectives et individuelles que les migrants apportent aux pays d'accueil.

 

La place et le rôle, bien reconnus de l’OIM, notamment après son adhésion à la famille des Nations Unies, sont essentiels pour protéger et assister les vagues sans précédents de migrants fuyant des zones déstabilisées, de sous développement ou d’aléas climatiques.

 

Nous nous félicitons de voir la famille des Etats membres de l’OIM se renforcer aujourd’hui de nouveaux adhérents. Nous profitons de cette occasion pour renouveler une chaleureuse bienvenue à ces nouveaux membres,  à savoir, La Chine, les Iles Salomon et les Tuvalu. Ces nouveaux membres pourront tirer profit de l'expérience de l'OIM, de même ils pourront nous faire partager leurs propres expériences nationales.

 

 

 

L’intérêt porté à l’OIM au niveau international est concrêt et croissant, en témoignent l'admission de plusieurs observateurs et acteurs de différents secteurs. Leur participation apportera certainement une valeur ajoutée à nos travaux.

 

L’Algérie soutient pleinement le rôle de  l’OIM dans le processus visant à l’élaboration du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières qui sera présenté pour adoption lors d’une conférence intergouvernementale qui se tiendra en 2018. Nous saluons les efforts des deux cofacilitateurs, le Mexique et la Suisse qui conduisent les négociations intergouvernementales.

 

 

Monsieur le Président,

 

Le Pacte mondial pour la migration doit refléter une approche migratoire cohérente, équilibrée et intégrée qui fait de la mobilité humaine ordonnée un facteur positif pour les migrants eux-mêmes,  pour les pays de destination et ceux d’origine. Cette approche repose sur les fondements suivants :

 

§  Rechercher des solutions viables et durables qui s’attaquent aux causes profondes de la migration et pas seulement à ses manifestations extérieures ;

§  Démystifier l'immigration en mettant en exergue les bienfaits socioéconomiques que pourraient apporter les migrants aux pays d'accueil ;

§  Préservation des liens entre les migrants et leur pays, ainsi que la défense de leurs droits légitimes dans les pays d'accueil.

§  Atténuer l’impact de la fuite des cerveaux sur le capital humain national des pays d’origine ;

§  Affirmer le lien étroit entre migration et développement ;

§  Lutter contre la migration irrégulière et les réseaux et associations de malfaiteurs qui l’exploitent, à travers la mise en place d’instruments de coopération fondés sur le respect des droits de l’homme et la dignité des migrants.

§  Rejeter les palliatifs sécuritaires qui ne font que favoriser le repli sur soi et l'exclusion.

§  Combattre toutes les formes du racisme, de xénophobie et d’islamophobie ;

§  Enfin, prendre en considération les réalités migratoires propres à chaque sous région.

 

C’est dans cet esprit, Monsieur le Président, que nous souhaitons voir l’élaboration du Pacte mondial pour la migration, qui doit être immunisé dès sa naissance par un cadre juridique contraignant, pour assurer une application universelle.

 

Les relations de l’Algérie avec l'OIM s’inscrivent dans une perspective bilatérale et régionale.

 

Sur le plan bilatéral, nous réitérons notre souhait de voir le directeur général en visite de travail en Algérie, à l’occasion de l’ouverture officielle du Bureau de l’OIM à Alger.

 

Au niveau régional, l'Algérie s’attache à sa participation en tant que partie prenante dans toute coopération régionale dans le cadre de l’action développée par l’OIM dans le bassin méditerranéen et en Afrique.

 

L’expérience de l’Algérie, ses atouts et ses moyens non négligeables d’observation et d’analyse des flux migratoires peuvent être mis à contribution dans le cadre des échanges avec l'OIM.

 

Enfin, Monsieur le Président, nous espérons que la célébration du 65ème anniversaire de l’OIM sera une occasion pour approfondir davantage le dialogue sur le respect des conditions humaines dans la mobilité des migrants et traiter la question migratoire dans une optique globale et concertée qui va au-delà de la dimension sécuritaire, et au-delà d’une réponse de marchée de travail de certains pays qui trouveraient en la main d’œuvre migratoire, une main d’œuvre bon marché.

 

Je vous remercie.

 

 

106e session du Conseil de l’Organisation internationale pour les Migrations Table ronde : Aide humanitaire internationale en 2015 et rôle de l’OIM Déclaration prononcée au nom du groupe africain

 

 

 Monsieur le Président,

 

J’ai l’honneur de prononcer cette Déclaration au nom du groupe africain.

 

Comme cela a été, à juste titre, relevé par le Directeur général et bien d’autres intervenants, l’année 2015 a été, à bien des égards, l’année d’un niveau inédit de mobilité humaine.

 

Bien que la Méditerranée et l’Europe aient été les principaux théâtres de cette mobilité, force est de souligner que des personnes venant d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie en ont été les auteurs. Force est de souligner, également, que cette mobilité n’a souvent pas été le résultat d’une option réfléchie, mais relevant plutôt de contextes de conflits, de sous-développement socioéconomique ou de conditions climatiques sévères.

 

Le groupe africain tient à exprimer sa profonde préoccupation par rapport à la perte de vie de milliers de migrants, y compris africains, essentiellement en Méditerranée, mais également tout au long des routes migratoires.   

 

Au fil des années, par le truchement de ses qualités intrinsèques de réactivité, d’indépendance et d’efficacité, l’OIM a su se faire une notoriété incontestable au sein du système humanitaire dans sa quête permanente d’une gestion ordonnée et fondée sur les droits de la migration. Une notoriété qui se manifeste à un triple niveau :

 

Le premier : à travers une proximité de plus en plus marquée avec le terrain et en développant une action au diapason de celles de plusieurs agences internationales, y compris des Nations unies. Il va sans dire que l’OIM accompli, ainsi, une mission de protection qui vient appuyer le rôle incombant aux Etats de protéger les droits des migrants, conformément aux principes humanitaires établis par le droit international ;

 

Le second : non moins important, en termes de plaidoyer en promouvant un discours équilibré qui met l’intérêt et la dignité du migrant au centre de toute démarche de réponse aux crises migratoires et ce, au sein des processus consultatifs régionaux et de divers fora tels que le GFMD et le Groupe mondial sur la migration pour ne citer que ces deux ;

 

Le troisième : à travers sa contribution substantielle au développement de nouvelles initiatives devant permettre de cerner la question migratoire dans ses multiples facettes, comme l’atteste l’exemple de l’Initiative MICIC qui s’intéresse aux migrants se trouvant dans des pays en crise. 

 

Monsieur le Président,

 

L’engagement opérationnel de l’OIM s’est consolidé, il y a trois ans, presque jour pour jour, à la faveur de l’adoption, sous présidence africaine du Conseil, du Cadre opérationnel de l’OIM en cas de crise migratoire qui a été élaboré, justement, à la demande des Etats membres soucieux de mieux répondre aux mouvements migratoires, souvent massifs, complexes et négligés, résultant des crises.

 

Ce Cadre opérationnel était venu appuyer le Mécanisme de financement des situations d’urgence migratoires de l’OIM, dont l’Organisation s’était dotée une année auparavant.

 

Ces deux mécanismes ont été très favorablement accueillis par le groupe africain qui tient, aujourd’hui, à souligner l’importance de l’engagement de toutes les bonnes volontés pour les rendre pleinement opérationnels. Cet engagement est d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel de crise migratoire sans précédent.

 

Monsieur le Président,

 

Les besoins humanitaires en constante croissance ces dernières années ont fait que l’aide humanitaire ne soit pas l’apanage d’une seule agence humanitaire. Le nombre d’intervenants humanitaires a, en effet, connu une hausse sensible.

 

La profusion d’acteurs humanitaires, dotés de mandats et d’objectifs distincts, requiert un niveau de coordination accru qui permettra d’éviter les doublons, de mener une action efficiente et d’optimiser les ressources de plus en plus difficile à obtenir et, partant, servir au mieux les intérêts des migrants et des personnes affectées.

 

De par son expertise, son savoir-faire et sa présence sur le terrain, l’OIM est considérée comme une partie intégrante de ce que l’on s’est accordé à appeler ’’le système humanitaire’’.

 

Le groupe africain réitère son appui à toute initiative qui permettrait à l’OIM de prendre part aux divers mécanismes de coordination humanitaire et faire valoir sa contribution substantielle aux réponses aux crises migratoires.  

 

Pour conclure, le groupe africain ne manque pas de relever avec satisfaction les témoignages d’intérêt exprimés à travers l’engagement de l’OIM est des donateurs pour répondre aux crises migratoires sur le continent africain qui doit continuer de bénéficier d’une attention particulière.

 

 

Je vous remercie de votre attention.

105eme session Conseil de l'OIM -Déclaration délégation Algérienne, Genève, 25-28 novembre 2014

Déclaration de l’Ambassadeur Boudjemâa Delmi

-        Débat général    -

Genève, le 26 novembre 2014.

 

Monsieur le Président,

Permettez-moi, de prime abord, de vous exprimer mes vives félicitations pour votre élection porteuse d’espoir pour les pays africains à la présidence du Bureau (Ghana), et à travers vous les deux vice-présidents (Belgique et Australie) et le Rapporteur (Chili). Ma délégation est convaincue que sous votre direction, nos travaux se poursuivront dans le même esprit constructif ayant marqué le mandat du précédent Bureau sous la présidence de l’Ambassadeur du Pérou, M. Luis Enrique Basagoita.

Je souhaite féliciter le Directeur Général, l’Ambassadeur Swing pour son leadership affirmé, sa vision éclairée et son souci permanent de porter haut et fort la voix des migrants et de l’OIM dans les fora régionaux et internationaux qui intéressent à la thématique de la migration sous ses diverses facettes. Son rapport très complet vient nous rappeler le contexte complexe dans lequel l’OIM s’acquitte de ses missions.  

Je souhaite, également, féliciter Mme Laura Thompson pour sa reconduction méritée, en juin dernier, au poste de Directeur Général Adjoint.

L’occasion m’est, ainsi, offerte pour exprimer toute la reconnaissance de ma délégation au personnel dévoué de l’OIM, dont 97% travaillent en dehors du siège à Genève.

Ma délégation fait sienne la Déclaration faite par le Botswana au nom du groupe africain et souhaite une chaleureuse bienvenue aux membres observateurs, ainsi qu’aux distingués invités de notre Conseil.

 

Monsieur le Président

Pour le secteur humanitaire dans son ensemble, 2014 a été l’année de plusieurs regretables records :

-      multiplication des crises humanitaires, avec notamment quatre crises de niveau « 3 » ;

-      nombre sans précédent, depuis la 2ème guerre mondiale, de personnes contraintes au   déplacement pour diverses raisons ;

-      budget inédit des opérations humanitaires globales.

L’OIM, de par son action en faveur des migrants, se trouve au cœur de ce paysage préoccupant. Les réformes réussies initiées par touches successives depuis six années ont conféré à l’organisation une meilleure réactivité face aux défis multiples. Ainsi, l’OIM n’a pas cessé de gagner en importance en termes de nombre d’Etats membres (157), de portefeuille de projets (2600) impliquant un budget de plus en plus conséquent (1.3 milliard USD). L’OIM vient de prouver sa réactivité encore une fois par sa réponse à la crise d’Ebola dans certains pays d’Afrique de l’ouest.

 

Monsieur le Président

Au-delà de ces remarques préliminaires, ma délégation souhaite s’appesantir sur 3 points : 

Premièrement, pour rappeler les vertus du dialogue en termes de réduction des écarts de perception et de compréhension des défis liés à la mobilité humaine et d’encouragement d’une coopération concrète au bénéfice des migrants tout en tenant compte des préoccupations des pays d’origine, de transit et de destination.

L’OIM peut mettre à profit son savoir-faire et son expertise pour jouer un rôle de premier plan en termes de facilitation, de promotion du consensus et de préservation de la dignité et des droits des migrants.

C’est dans cet esprit que l’Algérie a estimé utile et opportun d’associer l’OIM à l’opération de retour de migrants nigériens, qui sera initiée incessamment à la demande expresse du gouvernement de ce pays frère. L’association de l’OIM participe d’une démarche volontariste visant à réunir les garanties de conduire cette opération humanitaire en observant scrupuleusement les principes et standards internationaux de respect de la dignité humaine.

Le gouvernement algérien, en étroite collaboration avec le Croissant Rouge Algérien, a pris les mesures nécessaires, y compris matérielles, pour assurer le succès de cette opération et reste ouvert à toute collaboration ultérieure avec l’OIM et les donateurs pour développer des projets favorisant la réintégration durable de ces migrants.

Deuxièmement, les regrettables pertes de vie humaine qui ont pris des proportions inquiétantes, notamment en Méditerranée. Ces pertes ne devraient pas détourner notre attention des prolongements de ces voyages périlleux avec les réseaux de passeurs qu’il nous appartient tous de combattre et qui trouvent dans les conditions d’insécurité et de pauvreté un terreau propice à leurs activités.

La persistance de ces flux dénote d’un décalage entre la réalité qui les sous-tend et les palliatifs préconisés jusqu’ici, par plusieurs pays développés, sous le prisme quasi-exclusif de la sécurité. Le moment est venu de s’inscrire dans une perspective holistique et collective qui réserve une place de choix à la coopération au développement dans les pays d’origine, sans exclure les mesures de facilitation d’octroi de visas comme moyen de réduire les tentatives de migration clandestine.

Dans l’ère de la mondialisation, les politiques tantôt restrictives, tantôt sélectives, mises en place pour la gestion du mouvement des personnes contrastent particulièrement avec la tendance à la libéralisation accrue du mouvement des biens, des services et des capitaux.

L’Algérie, ayant la triple dimension d’un pays d’origine, de transit et de destination a toujours œuvré à mettre en exergue ce décalage au sein des processus consultatifs régionaux dont elle fait partie, notamment dans les sphères euro-africaine et euro-méditerranéenne.

Sur un registre concret plus large, l’Algérie continue de mettre en œuvre la décision qu’elle a prise début 2012 dans le contexte d’insécurité dans son voisinage immédiat, de suspendre les mesures d’expulsion de migrants illégaux subsahariens vers leurs pays d’origine.

Troisièmement, l’importance d’une approche migratoire basée sur les droits qui préserve la dignité humaine des migrants. Une première étape, que plusieurs pays n’ont malheureusement pas encore franchie, serait de ratifier la Convention internationale sur la protection des travailleurs migrants et les membres de leur famille. Vingt-quatre ans après la conclusion de cet instrument, les travailleurs migrants sont toujours dans la quête d’un traitement éthique qui rend justice à leurs efforts et leurs sacrifices.

 

Monsieur le Président,

La position géographique de l’Algérie, ses politiques migratoires tant par rapport à sa propre communauté à l’étranger que par rapport aux conditions de séjour des migrants sur son territoire et le retour d’expérience de ses partenariats avec plusieurs pays dans ce domaine offrent un potentiel appréciable pour une coopération étroite et substantielle avec l’OIM.

Cette coopération est appelée à s’intensifier à la faveur de la récente ouverture du Bureau de l’OIM à Alger. Nous réitérons notre disponibilité à poursuivre les consultations en vue de réunir les conditions idoine pour le lancement rapide des activités du Bureau et, partant, donner une impulsion à notre coopération bilatérale, à travers notamment la concrétisation des deux projets portant sur la santé des migrants et la réduction des flux internes des populations rurales.

 

Monsieur le Président,

La délégation algérienne suit avec attention les travaux du groupe de travail sur les relations entre l’OIM et les Nations unies et l’examen de la stratégie de l’OIM. Elle considère que l’intérêt des migrants, la célérité et l’efficacité de l’action de l’organisation et la visibilité de sa contribution aux débats régionaux et internationaux sur les questions migratoires sont des paramètres essentiels devant guider les discussions du groupe. Ma délégation appuie l’idée de reconduire ce groupe de travail pour l’année prochaine pour poursuivre les discussions sur ces thématiques.  

L’Algérie marque son intérêt aux initiatives développées par l’OIM et ne manquera pas d’apporter sa contribution aux divers évènements de haut niveau qu’elle organisera dans l’année à venir, en particulier l’évènement de haut niveau sur « les migrants et les villes ».  

Je vous remercie de votre aimable attention

Déclaration de l’Ambassadeur Boudjemâa Delmi Débat général de la 106ème session du Conseil de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) Genève : 24-27 novembre 2015-Genève, le 24 novembre 2015

 

 

M. le Président

 

Je voudrais, tout d'abord, au nom de ma délégation, vous féliciter ainsi que les autres membres du Bureau pour votre élection méritée et vous assurer du soutien de la délégation algérienne.

 

Nous avons été témoins de votre direction avisée des travaux du groupe de travail sur les relations entre l’OIM et les Nations unies et nous sommes confiants que les membres de l’organisation vont pouvoir bénéficier de votre expérience au cours de l’année prochaine. Mes remerciements vont, également, à l’Ambassadeur du Ghana pour sa contribution positive aux précédents travaux de notre Conseil. 

 

Il me plait, également, d’adresser mes sincères remerciements à l’Ambassadeur Swing et, à travers lui, l’ensemble du personnel de l’OIM.

 

Ma délégation s’associe à la Déclaration prononcée par l’Éthiopie au nom du Groupe africain. Nous souhaitons une chaleureuse bienvenue à l’Erythrée, Sao Tome-et-Principe, Saint-Kitts-et-Nevis, Kiribati et Sainte-Lucie en tant que nouveaux États membres, ainsi qu’aux observateurs qui se joignent à nous. 

 

Monsieur le Président,

 

L’année écoulée a été marquée par des vagues sans précédents de migrants fuyant des zones d’insécurité, de sous-développement ou d’aléas climatiques.

 

Ces vagues de déplacement de milliers de migrants ont constitué, très certainement, une pression parfois difficile à contenir autant pour les pays de transit que pour les pays d’accueil. Tout en remerciant ceux qui ont fait preuve d’un élan remarquable de solidarité avec ces migrants, il nous revient de déplorer certaines réactions négatives contraires aux principes qui guident l’action de notre Organisation.

 

Si le statut des réfugiés leur permet de se prévaloir des droits prescrits dans les instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux pertinents, les migrants continuent, en revanche, d’être ainsi que l’a pertinemment relevé le Directeur général dans son rapport introductif, perçus par certains pays comme une menace socio-économique et sécuritaire.

 

Il est de notre devoir d’œuvrer individuellement et collectivement, en tant qu’Etats membres, organisations régionales et internationales, société civile et médias à bannir les amalgames, combattre les raccourcis, modérer notre langage et améliorer l’image des migrants en tant qu’acteurs d’un phénomène, somme toute, humain, appelé à s’accentuer davantage sous l’effet de la mondialisation et la persistance des inégalités.

 

Dans ce contexte, ma délégation apprécie à sa juste valeur le plaidoyer développé par l’Ambassadeur Swing dans les divers fora traitant de la migration et, sous son leadership, l’engagement efficace de l’OIM sur le terrain qui ne fait que consolider sa place et son rôle dans la prise en charge des questions migratoires.

 

Monsieur le Président,

 

La tenue du Sommet de la Valette, les 11 et 12 novembre, a été une opportunité de plus pour souligner les mérites d’une approche intégrée traitant des multiples facettes du phénomène migratoire. Le fonds fiduciaire de l’Union européenne pour l’Afrique est un pas encourageant à cet égard. Toutefois, beaucoup reste à faire, à travers, notamment, la mise en commun des stratégies nationales et multilatérales pour faire en sorte que l’acte de migrer relève d’un choix plutôt que d’une contrainte.

 

De telles stratégies devraient prendre en compte, également, les personnes ayant opté pour un retour volontaire afin d’inscrire leur choix dans la durée. 

 

La gestion de la migration irrégulière plutôt que la lutte contre ce phénomène devrait s’inscrire dans un cadre global et concerté qui couvre, également, un investissement soutenu en matière de développement et d’opportunités de mobilité légale. Cette gestion doit se fonder sur des terrains d’entente à même de préserver les intérêts des pays d’origine et de destination et permettre, par là-même, au migrant de libérer tout son potentiel et contribuer au développement, à la fois, des pays d’origine et d’accueil. Aujourd’hui, le rôle des diasporas en tant qu’acteurs de transfert de savoir-faire est plus que jamais à valoriser. 

 

Autre potentiel à saisir, celui qu’offre le droit international de la migration, notamment la Convention des Nations unies sur la protection des travailleurs migrants et les membres de leur famille dont l’Algérie appelle à promouvoir l’universalité.  

 

Monsieur le Président,

 

L’Algérie, à la fois pays d’origine, de transit et de destination, continue de prôner une approche globale qui va au-delà de la double dimension sécuritaire et humanitaire de la migration, pour s’intéresser à ses causes profondes, particulièrement, la quête d’une vie meilleure. Cette approche, l’Algérie l’a défendue dans son interaction avec ses partenaires au plan bilatéral et au sein des processus régionaux et internationaux de dialogue et de concertation. 

 

Ma délégation relève avec satisfaction que l’OIM partage cette approche dans son plaidoyer et en a fait un catalyseur de son action soutenue sur le terrain. Elle considère que le rapprochement de l’OIM de l’Organisation des Nations unies est de nature à conforter cette approche, y compris à travers la contribution à la mise en œuvre des objectifs pertinents du programme de développement à l’horizon 2030.

 

Cette vision partagée nous offre une plateforme solide qui permettrait à notre coopération bilatérale de gagner en substance, à travers, notamment un échange régulier de nos expériences respectives et un partenariat orienté sur des projets concrets. L’ouverture officielle prochaine du Bureau de l’OIM en Algérie est à même de doter notre coopération bilatérale d’un surcroit de consistance et de régularité. 

 

Je vous remercie de votre attention.