Affaires humanitaires

Déclaration Algérie Point 5. Coordination – Suivi de la déclaration de New York et CRRF

Merci M. le Président,

Je remercie, également, M. Andres pour son exposé, ainsi que le Secrétariat pour le document de séance relatif à ce point à l’ordre du jour.

Ma délégation souhaiterait formuler quelques remarques et poser quelques questions.

Dans le paragraphe 7 de ce document il est indiqué que le CRRF marque un changement fondamental dans la manière dont le HCR et la communauté internationale font face aux déplacements massifs de réfugiés. La direction que le HCR semble vouloir prendre est plus ou moins claire et ma question est de savoir quels sont les éléments nouveaux que le HCR ambitionne d’introduire par rapport au cadre juridique existant et qui gouverne l’ensemble de la problématique des réfugiés et qui est basée, bien entendu, sur la solidarité internationale et l’ouverture sur les trois solutions durables ? Il nous est important de savoir comment s’assurer que ce fondement du régime de protection internationale ne soit pas perdu de vue en cours de route ?

Un accent particulier est mis dans le document de séance sur l’importance de s’attaquer aux causes profondes qui sont de diverses natures. Il s’agit d’une démarche que nous avons toujours soutenue. La question de ma délégation est de savoir de quelle manière le HCR, dans la limite de son mandat, compte saisir l’expérience du CRRF et du Pacte mondial pour revigorer son rôle à cet égard. Le fait que le HCR soit une agence apolitique ne contredit pas l’importance, voire la nécessité de disposer d’une sensibilité politique qui lui permet d’adapter son action humanitaire à travers, notamment, la sensibilisation, le plaidoyer et le choix des partenaires. Nous avons vu l’utilité des évaluations du HCR de la situation dans certains pays africains citées dans le document de séance pour orienter son action à court et à long termes.

L’accent est mis, également, dans les expériences pilotes actuelles sur les politiques favorisant dans une large mesure l’intégration locale des réfugiés. L’impression qui se dégage de ces expériences est qu’il y a un double niveau de conditionnalité :

-        premièrement : le fait de continuer d’envisager le financement de l’aide humanitaire par des contributions affectées qui restent plus au moins prépondérantes ;

 

-        deuxièmement : à travers des fonds visant à soutenir les politiques favorisant l’intégration locale. Parfois même, la possibilité est offerte aux pays d’accueil pour contracter des prêts quand bien même à des taux semble-t-il avantageux, dans l’objectif de répondre aux besoins des réfugiés. Une telle démarche serait porteuse d’un risque avéré de rendre à terme la question de l’asile une préoccupation nationale plutôt qu’internationale, comme ce doit être le cas.

Ma délégation apprécierait tout élément d’information du HCR à ce sujet.

 

Ma délégation souhaiterai évoquer un élément de précaution par rapport au fait de baser le CRRF sur des politiques d’intégration locale des réfugiés qui pourraient se trouver, à long terme, en butte à la problématique des changements de gouvernements qui pourraient entraîner des changements de politiques à l’égard des réfugiés et de la circulation des personnes de manière générale.

Dernier point : l’implication du secteur privé qui constitue un potentiel important notamment dans le contexte de raréfaction des ressources et compte tenu de sa valeur ajoutée comme cela a été expliqué dans le précédent point à l’ordre du jour : certains experts évoquent une ‘’Industrie de l’aide’’ pour décrire l’action du secteur privé dans le domaine humanitaire. Ils évoquent, en effet, le fait que cette implication n’est pas toujours menée de manière désintéressée. On peut y apercevoir un appel à la vigilance pour s’assurer qu’à long terme l’implication du secteur privé n’affectera pas le mandat originel humanitaire du HCR et que l’intérêt premier des réfugiés soit préservé et reste le catalyseur de l’action du HCR.

 

Je vous remercie