Affaires humanitaires

Déclaration de la délégation algérienne Point 2. a. Note sur la protection internationale 69e réunion du Comité permanent de l’Excom / HCR

Madame la Présidente,

Je vous remercie, ainsi que le Secrétariat pour la qualité des documents présentés à notre 69e session du Comité permanent.

Ma délégation s’associe à la Déclaration prononcée par S.E. l’Ambassadeur du Togo au nom du groupe africain et souhaite la bienvenue aux trois nouveaux membres de l’Excom.

Ma délégation partage la description du contexte international actuel faite dans la note sur la protection internationale. Elle relève avec inquiétude la persistance d’une tendance qui s’affirme au fil du temps consacrant une asymétrie en termes de réception et d’admission des réfugiés, incompatible avec les normes internationales applicables. Une telle asymétrie implique à moyen et à long termes un déséquilibre en matière d’assistance et de protection des réfugiés : deux aspects qui incombent de facto aux pays d’accueil. Ces derniers font en réalité beaucoup plus que juste accueillir des réfugiés. 

L’Algérie partage, également, la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des mouvements. Outre les facteurs endogènes désignés dans le paragraphe 9 de la note, il est tout aussi important de ne pas perdre de vue les conséquences des interférences étrangères en termes d’aggravation de la situation dans les pays en crise et les déplacements forcés de populations qu’elles ont pu générer dans certains contextes, notamment au Moyen-Orient.

Il est, en outre, pertinemment rappelé la centralité de la coopération internationale dans la dynamique ayant abouti à la réunion de haut niveau de New York. Nous ne concevons pas la Déclaration qui en a résulté comme un facteur de changement de paradigme, mais plutôt une réaffirmation du régime de protection internationale fondé sur la solidarité, la coopération et la quête de solutions durables pour les réfugiés. Cette quête constitue une partie non moins importante du mandat du HCR.

En dépit des efforts déployés dans ce cadre par le HCR, beaucoup reste à faire pour, notamment, débloquer les crises prolongées qui continuent de peser lourdement sur les pays d’accueil. Une attention particulière doit être accordée au retour volontaire qui reste la solution privilégiée pour les pays d’accueil autant que pour les réfugiés eux-mêmes.

Dans cet ordre d’idée, il serait hautement positif de considérer la possibilité de créer un nouveau poste de haut-Commissaire adjoint pour les solutions durables afin que cette dimension soit équitablement et durablement prise en charge, au même titre que l’assistance et la protection.

 

 

Madame la Présidente,

L’Algérie reste fidèle à sa politique bienveillante à l’égard des réfugiés et des personnes déplacées. Une politique mue par une profonde conviction, en tant que membre de la communauté internationale, qu’il s’agit d’un devoir moral et légal que tout un chacun doit s’en acquitter.

Ainsi, le dispositif mis en place pour la prise en charge des ressortissants syriens qui vivent en Algérie, dont le nombre s’élève à plus de 44 mille, demeure d’application prévoyant, notamment, des facilités d’accès à l’éducation, aux services de santé, au marché du travail et, autant que possibilité, l’accès au logement. La procédure de regroupement familial est, également, envisagé au cas par cas.

Plus récemment, en réponse à l’appel du HCR et certaines ONG, l’Algérie a accordé l’entrée en territoire national à un groupe de ressortissants syriens et un dispositif d’accueil spécifique, auquel le HCR a été associé, a été mis en place. Malheureusement, des entraves, de l’autre côté de la frontière, avaient empêché la concrétisation de cette opération. Un autre groupe de syriens ayant tenté d’entrer en Algérie par les frontières avec la Libye, avait été admis sur le territoire national sur décision de la justice.

Durant le mois de Ramadhan, l’Algérie a accordé une aide alimentaire et médicale aux populations libyennes vivant près des zones frontalières. Cette aide va de pair avec le rôle que joue l’Algérie avec les pays voisins au plan politique pour aider la Libye à sortir de la crise qu’elle traverse. 

L’Algérie continue d’assurer, également, l’essentiel de l’assistance et de la protection des réfugiés du Sahara occidental dans les cinq camps de réfugiés près de Tindouf, notamment l’accès aux services de santé, aux divers cycles d’enseignement, y compris universitaire et un travail est en cours pour fournir l’accès à l’énergie.

L’Algérie œuvre à permettre au HCR et aux partenaires humanitaires, y compris les ONG, de déployer leurs activités dans des conditions idoines malgré des défis innombrables dans la sous-région. L’Algérie exprime sa préoccupation par rapport à la baisse de l’aide internationale à ces réfugiés qui se situe déjà à un niveau inférieur par rapport à leur nombre réel.

Une protection adéquate de ces réfugiés devrait être assurée aux travers d’une solidarité internationale accrue. Les programmes du HCR, du PAM et de l’UNICEF pour ne citer que quelques partenaires, devraient être, en effet, mieux soutenus. L’objectif premier de ces réfugiés reste l’exercice de leur droit au retour volontaire conformément au plan de règlement des Nations unies qui détermine l’ensemble de ses paramètres, y compris l’enregistrement des réfugiés. La validité de ce plan est rappelée dans les résolutions successives du Conseil de Sécurité autant que de l’Assemblée générale aux travers du renouvellement du mandat de la MINURSO.

 

Je vous remercie