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Affaires humanitaires

72e réunion du Comité permanent/HCR.

72e réunion du Comité permanent / HCR

Déclaration de la délégation algérienne

Note sur la protection internationale

Madame la Présidente,

Je vous remercie, ainsi que le Haut-Commissaire adjoint pour son exposé et le Secrétariat pour la qualité des documents présentés à notre session.

Ma délégation s’associe à la Déclaration prononcée par l’Ouganda au nom du groupe africain.

Comme chaque année, la note sur la protection internationale vient nous rappeler la tendance, à la fois haussière et intenable, des déplacements forcés. Elle nous rappelle, également, l’importance de la protection, mais surtout la nécessité d’accorder davantage d’attention et de ressources à la promotion de solutions durables et au traitement des facteurs déclencheurs de ces déplacements. A défaut, la protection ne peut que devenir un moyen d’entretenir un statut quo aussi insoutenable. C’est pourquoi, nous continuons de croire à un meilleur équilibre entre l’assistance, la protection et les solutions durables dans l’exécution du mandat du HCR. 

Outre la Convention de 1951 et son protocole de 1967, et les cadres juridiques régionaux lorsque applicables, la réponse globale aux problèmes de réfugiés doit être guidée par les objectifs et principes de la Charte des Nations unies et des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale autant de portée générale, à l’instar de la résolution 46/182, que celles ayant trait à des situations spécifiques de réfugiés.

Ces principes sont d’autant plus importants que la sphère humanitaire attire de plus en plus d’intervenants, animés d’objectifs et de paramètres d’action distincts. C’est pourquoi, il est tout aussi essentiel de rappeler la centralité de la solidarité internationale et que l’action humanitaire doit rester orientée vers la satisfaction des besoins et guidée par les principes humanitaires. 

La réponse au phénomène des flux mixtes suggère des acteurs concernés, notamment les Etats, une approche globale qui couvre les dimensions humaines, humanitaires, sécuritaires et de développement. Une attention particulière est à accorder aux sinistres réseaux de trafic qui ont réussi à développer un business model basé sur l’exploitation des vulnérabilités, notamment des femmes et des enfants. 

Au titre du travail déployé au plan normatif dans le domaine de la protection, il est utile de relever l’importance des activités de formation au profit du personnel relevant des parties prenantes qui contribuent à la prise en charge des réfugiés. Ma délégation salue les activités réalisées et celles programmées en Algérie avec plusieurs partenaires nationaux en vue d’une meilleure maitrise des règles et principes régissant l’action humanitaire en faveur des réfugiés.

 

L’éducation est un élément essentiel de protection. A cet égard, l’Algérie a assuré l’accès gratuit aux divers cycles d’enseignement aux ressortissants syriens et aux réfugiés dans les zones urbaines, ainsi qu’aux réfugiés sahraouis où le taux de fréquentation des écoles est de 100%. Ce même taux est assuré, également, pour ce qui est de l’accès aux soins de santé.

Le dispositif spécial mis en place pour les Syriens demeure opérationnel comprenant, également, la possibilité d’accès au marché du travail et, dans la mesure du possible, l’accès au logement. La procédure de regroupement familial est, également, envisagé au cas par cas.

De même que les étudiants parmi les réfugiés sahraouis fréquentent les établissements secondaires en dehors des camps et des bourses universitaires leur sont offertes. Leur insertion dans les réseaux de bourses internationales serait une contribution appréciable. La contribution du HCR et ses partenaires parmi les agences onusiennes et ONG est tout aussi nécessaire en vue d’assurer une assistance et une protection adéquates des réfugiés. De plus, le gouvernement algérien continue de leur consacrer des terrains, de construire des routes et d’électrifier les infrastructures.

Les données relatives à l’accès à l’éducation et à la santé, ainsi que celles de l’enregistrement biométrique des réfugiés, ont facilité la conduite d’un effort collectif visant à mieux apprécier le nombre des réfugiés sahraouis. L’Algérie salue le HCR pour la coordination de cet effort et tient à souligner l’importance de le suivre d’une assistance et une protection plus équitables. L’Algérie salue, en outre, le HCR pour l’organisation des visites des donateurs dans les camps de réfugiés. Ces visites permettent davantage de visibilité, à la fois de la vulnérabilité de ces réfugiés, et des efforts consentis par l’Algérie auxquels contribuent autant le gouvernement que par la société civile. La persistance des écarts de financements sont une source de vulnérabilité et de préoccupation. Il sied de se féliciter, à cet égard, du rôle de premier plan joué par les femmes sahraouies autant dans la gestion des camps que dans la distribution et le suivi de l’aide humanitaire.   

La protection et le retour librement consenti doivent aller de pair. C’est pourquoi, outre un effort en termes d’assistance et de protection, il est nécessaire de ne pas perdre de vue la nécessité de permettre aux réfugiés sahraouis d’exercer leur droit au retour conformément à la légalité internationale et le plan de paix des Nations unies, dont la validité est rappelée dans les résolutions successives du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale aux travers du renouvellement régulier du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un Référendum au Sahara Occidental.  

L’Algérie continue de fournir une assistance alimentaire et médicale aux populations vulnérables dans les pays voisins éprouvant des conditions de conflit et d’instabilité, tout en facilitant et en contribuant activement à la promotion de solutions politiques dans les pays concernés. Il va sans dire que l’engagement politique pour résoudre les crises constitue un investissement à long terme à même de prévenir et réduire l’exil forcé et inverser, ainsi, la tendance haussière du nombre des personnes déplacées.

 

Je vous remercie