Affaires humanitaires


Le CICR : Fondé en 1863, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) est une organisation de droit privé suisse, basée à Genève. Il est l’une des composantes du Mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant Rouge.

 

Le mandat du CICR repose sur les principes contenus dans les  Conventions de Genève du 12 août 1949 et les deux Protocoles additionnels (I et II) de 1977.

Ce mandat, qui lui a été confié par les Etats signataires de ces conventions, consiste à :

 

- maintenir et  diffuser les principes fondamentaux du mouvement, à savoir : humanité, impartialité, neutralité;

 

- assurer protection et assistance aux victimes militaires et civiles des conflits armés internationaux et non internationaux;

 

- recevoir  toute plainte au sujet de violations alléguées du droit de la guerre.

 

L’Algérie et le CICR ont signé le 14 août 2002, un accord de siège pour l’ouverture à Alger, d’un Bureau permanent du CICR. Le 1er septembre 2002, le Gouvernement algérien a donné, son accord pour la nomination de M. Dominique Buff, en qualité de premier représentant de cette organisation en Algérie avec un statut diplomatique.

                                                                                                                         

Les visites qu’a effectuées en Algérie, du 18 au 21 novembre 2000, et du 13 au 15 mai 2008 le Président du CICR, M. Jakob Kellenberger, se sont déroulées dans un contexte propice à nombre d’avancées qualitatives en raison de la volonté commune des deux parties, de donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale.

 

Cette visite avait abouti au renforcement et à la consolidation de la coopération bilatérale. L’importance et le niveau des entretiens menés à cette occasion par le premier responsable du CICR avec Son Excellence, M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, ont conforté cette nouvelle dynamique et ouvert des perspectives de coopération qualitativement nouvelles entre notre pays et le Comité International de la Croix Rouge.

Déclaration de la délégation algérienne Segment des Etats membres Consultation mondiale dans le cadre de la préparation au Sommet humanitaire mondial Genève, 13 - 16 octobre 2015

 

Genève, le 13 octobre 2015

 

 

Merci M. le Président,

 

Je tiens, de prime abord, à féliciter le Gouvernement suisse pour l’accueil de la consultation mondiale dans le cadre du cycle préparatoire au sommet humanitaire, et plus particulièrement pour l’organisation, de concert avec OCHA, de ce segment pour les Etats membres.

L’intérêt particulier qu’a suscité pour nombre d’intervenants humanitaires l’initiative du Secrétaire général des Nations unies de convoquer le premier sommet dédié aux thématiques humanitaires dénote de l’opportunité d’une telle initiative. L’humanité vit un contexte des plus inquiétants en termes d’explosion du nombre de personnes affectées par les crises politiques, le sous-développement socioéconomique, les catastrophes naturelles et les effets des changements climatiques.

Les besoins qui en résultent ont atteint un seuil intenable soutenu par l’écart persistant avec le niveau de financement, en dépit du taux sans précédent du financement de l’aide humanitaire. Si la gestion des conséquences humanitaires relève d’une catégorie déterminée d’acteurs, il n’en demeure pas moins que l’effort à déployer fin d’assurer la protection internationale et identifier des solutions pérennes qui tiennent compte des causes profondes des crises implique un large éventail d’acteurs. Bien que le système humanitaire soit amplement élargi à de nouveaux intervenants avec des missions et des objectifs distincts, le rôle des Etats, qu’ils soient donateurs, hôtes ou affectés, demeure axial.  

Il importe de souligner, aujourd’hui, la pertinence de la résolution 46/182 de l’AG/ONU qui met en exergue, en particulier le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et l’unité nationale des Etats et le consentement des pays concernés par l’assistance humanitaire. En outre, toute démarche humanitaire doit s’inscrire en conformité avec l’esprit et la lettre de la Charte des Nations unies et de ses résolutions pertinentes.

Aussi, l’efficacité de l’œuvre humanitaire exige-t-elle des partenaires une meilleure coordination, basée sur les principes consacrés de neutralité, d’impartialité, d’indépendance, d’humanité et de transparence. Dans bien de foyers de crise, le non-respect de ces principes a pu nourrir les incompréhensions, aggraver les crises et mettre à mal l’exécution des opérations humanitaires.  

 

M. le Président,

 

Au-delà de ce qui précède, ma délégation souhaiterait s’attarder sur cinq points :

1.    l’importance de la « médiation et de la prévention » des conflits qui sont à l’origine de plusieurs crises humanitaires, en tirant profit du potentiel qu’offrent les mécanismes bilatéraux et multilatéraux existant, y compris au sein des organisations régionales et internationales. Il n’y a pas de solution humanitaire à une crise humanitaire.  

2.    La préparation et une meilleure gestion des conséquences des catastrophes naturelles exigent une coopération internationale renforcée qui s’exprime par le transfert de savoir-faire et l’appui financier et institutionnel aux pays, notamment en développement, pour bâtir et soutenir leurs capacités de réponse. La généralisation des mécanismes d’alerte précoce est de nature à aider à minimiser l’impact de ces catastrophes. La coopération au développement est, également, un outil important dans ce domaine.

 

3.    la nécessité de s’investir davantage dans la promotion de solutions durables aux crises humanitaires, notamment dans les cas de déplacements prolongés, qui tendent, malheureusement, à devenir la règle, plutôt que d’être l’exception. Les obstacles entravant la mise en œuvre des solutions durables doivent être levés afin de garantir aux personnes déplacées leur droit au retour, prenant en considération que le fait que le retour librement consenti dans la sécurité et la dignité constitue la solution durable généralement privilégiée. La réussite des solutions durables contribue directement à la réduction du fardeau qui incombe au système humanitaire.

 

4.    L’intérêt accordé aux situations d’urgence ne doit pas reléguer les cas prolongés au second rang des priorités. La priorisation des réponses ne doit pas impliquer la hiérarchisation des situations de déplacements forcés. Le système humanitaire ne doit plus tolérer que les crises tombent dans l’oubli. Dans cet ordre d’idées, les efforts consentis par les pays d’accueil et leurs communautés devraient être soutenus par des actions concrètes de la communauté internationale, conformément aux principes fondamentaux de la solidarité et du partage de la charge, qui sont au cœur du régime de la protection internationale.   

 

5.    La complémentarité humanitaire/développement est de plus en plus envisagée comme moyen de réduire la dépendance des personnes affectées à l’aide. Cette complémentarité ne devrait pas déboucher sur des initiatives qui viennent alourdir la charge, souvent injustement sous-estimée, qu’assument les pays d’accueil ou dont la mise en œuvre s’effectue aux dépens de l’intérêt des personnes censées être protégées, en particulier ceux aspirant à retourner dans leur pays d’origine. A ce titre, l’engagement des partenaires de développement est hautement souhaitable pour soutenir la réintégration des retournées.

 

 

Je vous remercie