Désarmement

Déclaration de M. Idriss Jazaïry, Ambassadeur, Représentant permanent devant la Conférence du Désarmement à l’occasion du débat sur le rapport annuel de la session 2009 de la Conférence du Désarmement Genève, 8 septembre 2009

Monsieur le Président,

 

Permettez-moi de vous exprimer la satisfaction de ma délégation de vous voir à

la Présidence de la Conférence du Désarmement. Je suis convaincu que nos travaux bénéficieront grandement de votre esprit d’ouverture et de vos talents professionnels.

 

Votre présidence intervient à un moment crucial, car c’est sous votre direction que

la Conférence établira le rapport annuel qu’elle devra ensuite soumettre à l’Assemblée générale des Nations Unies.

 

D’ores et déjà, nous vous sommes reconnaissants d’avoir préparé la première version de ce document, qui, à notre avis, offre une bonne base pour un rapport objectif, équilibré et consensuel.

 

Nous voudrions remercier également M. le Secrétaire général de

la Conférence, M. Sergei Ordzhonikidze, et l’équipe du secrétariat de la Conférence pour leur contribution dans de cet exercice.

 

Nous sommes satisfaits de constater que ce projet s’inspire en grande partie de la pratique antérieure, même s’il convient de parfaire cette démarche. De même nous nous félicitons qu’il soit établi selon la procédure en vigueur et qu’il ait été distribué dans les délais impartis.

 

Nous sommes conscients de la difficulté de la tâche dans ce domaine, tant les événements survenus au sein de la Conférence au cours de la session de 2009 ont été riches en événements et en rebondissements.

 

Ainsi, nous avons pu entendre des allocutions extrêmement importantes de nombreux dignitaires. En particulier le message et l’allocution du Secrétaire général des Nations Unies mériteraient à notre avis d’être reflétés dans le rapport.

 

Nous avons également assisté à des échanges fructueux animés tant dans un cadre formel qu’informel par des Représentants d’Etats membres et observateurs et même de la société civile.

La Présidence algérienne a d’ailleurs pris une initiative pour faire entendre dans une séance informelle de la Conférence le point de vue d’ONG en matière de désarmement dans ce domaine. Nous nous félicitons de l’initiative de votre Présidence d’avoir renouvelé cette expérience que nous espérons pouvoir affiner à l’avenir.

 

Le travail abattu par les coordonateurs thématiques mérite aussi d’être salué en ce qu’il enrichit le patrimoine de

la Conférence et offre des pistes pour une meilleure compréhension des vues et préoccupations des uns des autres sur les questions dont la Conférence a la charge.

 

La plate-forme du P-6 à laquelle j’ai eu l’honneur de faire partie au nom de mon pays au cours de cette session, dont la nature officieuse ne diffère pas de celle de tout le système de groupes géopolitiques sur lesquels repose le fonctionnement de

la Conférence, a prouvé toute sa pertinence et son utilité. La Conférence doit continuer à recourir pleinement à cet outil de travail efficace et précieux, gage de continuité qui pallie la rotation rapide des titulaires de la Présidence de la Conférence.

 

Je tiens ici à renouveler à mes collègues au sein de cette plate-forme mes sincères remerciements et ma reconnaissance pour le soutien et l’attention dont ils m’ont entouré en tant que Président de

la Conférence cette année. Ce soutien m’a grandement aidé à mener à bien les discussions sur le programme de travail adopté le 29 mai 2009.

 

Monsieur le Président,

 

Nous partageons entièrement l’avis selon lequel le rapport annuel de

la Conférence doit énoncer des faits, refléter fidèlement l’état des travaux de la Conférence et les conclusions et les éventuelles décisions adoptées pendant l’année. Il est important que le rapport évite également les jugements de valeur et les appréciations sélectives et partiales.

 

Dans le même temps, nous ne pensons pas que par souci d’objectivité et de respect de la pratique antérieure nous devions nécessairement dépouiller le rapport sur les travaux de cette année au point de nous priver de mentionner les progrès réalisés et l’espoir réapparu en 2009 de voir

la Conférence retrouver sa vocation d’instance unique chargée de négocier les traités multilatéraux du désarmement.

 

Certes, la session 2009 ne nous a pas permis d’engager des négociations, mais pour le reste, elle a été à notre avis particulièrement productive, notamment avec l’adoption par consensus de la décision CD1864 sur le programme de travail, un consensus recherché depuis une douzaine d’années. Le consensus sur le  programme de travail adopté reste pour nous la voie à suivre et le meilleur compromis possible pour commencer les travaux de fond au sein de

la Conférence.

 

 

 

Il serait vraiment regrettable que le progrès ainsi accompli soit éclipsé par les quelques divergences apparues autour des questions de procédures. Nous sommes convaincus que, pour commencer l'année 2010,

la Conférence disposera d'une base solide à partir de laquelle elle pourrait engager ses travaux, après une si longue période d’inertie.

 

Monsieur le Président,

 

Nous poursuivrons attentivement l’examen du projet de rapport dont nous sommes saisis et nous entendons intervenir de manière constructive avec toutes les délégations pour finaliser et adopter le rapport dans des conditions acceptables pour tous.

 

Dans cet esprit, nous avons quelques observations à faire concernant certains aspects du projet, et elles vous seront présentées au cours de nos consultations informelles ultérieures. Nous pensons en particulier que les actions entreprises par chacun des Présidents de l’année en cours devraient être rapportées séparément et que seuls les textes approuvés devraient être reproduits in extenso dans le rapport.

 

Nous apprécions les efforts que vous engagez pour que le rapport de

la Conférence soit moins sujet à controverse et plus proche des positions concertées des Etats membres.

 

Dans l’idéal, nous aurions souhaité un rapport plus ambitieux, mais nous pouvons nous contenter de ce qui est offert pour atteindre le consensus dans l’intérêt de tous.

 

Nous avons pleinement confiance en votre sagesse et en vos compétences dans la direction de nos discussions, et sommes prêts à nous engager activement avec vous dans le but de parvenir au consensus sur le rapport de la session 2009 de

la Conférence.

 

Je saisis cette occasion pour souhaiter une chaleureuse bienvenue à l’Ambassadeur Mikhail Kvostov de Belarus. L’allocution pleine de sagesse qu’il a prononcée en séance plénière est annonciatrice de l’apport précieux que l’Ambassadeur Khvostov pourra apporter aux délibérations de

la Conférence.  

 

 

Je vous remercie de votre attention.