Désarmement

Discours de S.E.M Mourad MEDELCI, Ministre des Affaires Etrangères à la Conférence du Désarmement . Genève, 19 mai 2009

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Publié le mardi 19 juillet 2011 13:18
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Discours de S.E.M Mourad MEDELCI, Ministre des Affaires Etrangères à la Conférence du Désarmement

Genève, 19 mai 2009
 

De gauche à droite : S.E. M. Mourad Medelci, Ministre des affaires étrangères, S.E. M. Idriss Jazaïry, Ambassadeur, Représentant permanent, Président de la Conférence du désarmement (session 2009), S.E. M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, (Genève, le 19 mai 2009).

De gauche à droite : S.E. M. Mourad Medelci, Ministre des affaires étrangères, S.E. M. Idriss Jazaïry, Ambassadeur, Représentant permanent, Président de la Conférence du désarmement (session 2009), S.E. M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, (Genève, le 19 mai 2009).

 

Monsieur le Président de la Conférence du Désarmement,
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Madame Calmy Rey, Chef du Département Fédéral des Affaires Etrangères
Monsieur le Secrétaire Général de la Conférence du Désarmement
Monsieur le Haut Représentant pour les affaires de Désarmement,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,



Je voudrais en tout premier lieu vous dire combien nous avons été fortement encouragés par les propos tenus, ici même, par Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, sur les perspectives prometteuses des consultations destinées à relancer les processus de négociations d’un désarmement général et complet.

Ces propos sont, d’abord, l’expression d’une claire réaffirmation des objectifs qui ont été assignés, à notre Conférence, par la première session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le désarmement ;

Ils sont, aussi, une formidable source d’inspiration pour réunir les conditions propices à l’émergence d’un consensus qui servirait nos idéaux de paix, de sécurité et de prospérité ;

Ces propos témoignent, également, du fait que nous sommes arrivés, à ce que les analystes appellent un point de basculement dans le cadre de la Conférence du désarmement.

C’est dire qu’il ne tient qu’à nous que les progrès que nous avons réalisés, dans le cadre de nos consultations, puissent ouvrir la voie à l’engagement constructif et finalement à une plate-forme d’entente pour la relance des travaux de la Conférence du désarmement. La dynamique ainsi amorcée ne manquera certainement pas d’avoir un effet d’entraînement positif sur la prise en charge des questions apparentées ou connexes à travers tout le système des Nations Unies.

Je voudrais également saisir cette occasion pour exprimer notre gratitude à Monsieur le Secrétaire Général de la Conférence Serge Ordzhonikidze et à Monsieur le Haut Représentant pour les affaires de désarmement Sergio Duarte dont les soutiens précieux et les conseils avisés ont été particulièrement utiles en cette période cruciale des consultations

Enfin et surtout, je ne manquerai pas de rendre hommage à la souplesse et à l’esprit d’accommodement mutuel dont tous les Représentants des Etats membres de la Conférence ont fait preuve sur des questions aussi sensibles que délicates. Ce qui augure bien d’une issue prochaine qui sera, je n’en doute pas, positive.


Monsieur le Président,


Les différences de perceptions nationales des Etats membres en matière de sécurité, ont certes entravé la progression de la Conférence dans la voie tracée par l’article 11 de la Charte des Nations Unies et par la résolution de la session extraordinaire de l’Assemblée générale sur le désarmement, mais loin de perdre espoir, les Etats membres ont persévéré. Des progrès ont fini par se manifester durant les deux années écoulées dans la recherche d’un consensus au sein de la Conférence sur son programme de travail. Ces progrès se sont accélérés au cours des dernières semaines. C’est donc très volontiers que je m’associe à Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies pour féliciter le Président de la Conférence, l’Ambassadeur Idriss Jazaïri et l’ensemble des Ambassadeurs membres du P.6 pour les résultats indéniables déjà obtenus. Ils y sont parvenus par un remarquable travail d’équipe qui, dépassant les clivages traditionnels, a assurément permis d’engager la Conférence sur la voie désirée.

Grâce aux efforts de tous, la Conférence sera bientôt à même de renouer avec sa vocation première en tant qu’enceinte privilégiée pour la promotion et la préservation de la sécurité internationale.

Dans l’allocution que j’ai prononcée devant vous le 17 mars, j’ai évoqué le fait que son Excellence M. le Président de la République Abdelaziz Bouteflika avait en 1979 en sa qualité de Ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, présidé la séance inaugurale du Comité du désarmement. C’était, en effet, le commencement d’une grande aventure au cours de laquelle le Comité, puis la Conférence du désarmement adoptèrent, tour à tour, la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, et le traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

C’est pour moi une source de grande satisfaction, 30 ans plus tard, qu’il échoit à l’Algérie de marquer sa présence au moment où la Conférence prend un nouvel élan, tout aussi prometteur, pour jeter les bases d’un consensus international pour un monde plus sûr.


Monsieur le Président,


La communauté internationale se rend compte aujourd’hui combien est illusoire la sécurité à l’abri des remparts de l’idéologie dogmatique ou du bouclier de la suprématie militaire. Elle réalise que la véritable sécurité internationale ne peut résulter que d’un climat de confiance entre partenaires disposés à se mettre au service d’une approche multilatérale et solidaire du désarmement.

Telle est la lecture du message qui se dégage de la Déclaration du premier Ministre Gordon Brown du Royaume Uni sur l’Energie nucléaire et de la prolifération, et de la Déclaration conjointe des Présidents Medvedev de Russie et Obama des Etats-Unis. Telle est aussi ma compréhension de la Communication qui vous a été adressée, Monsieur le Secrétaire général, par le Président Sarkozy au nom de l’Union Européenne.

Ces importantes initiatives, parmi d’autres, ont contribué à créer un climat de confiance propice à la relance des travaux de la Conférence du Désarmement. Il en est ainsi des nombreuses prises de positions régionales qui se sont prononcées en faveur de l’initiative du Président de la Conférence du 26 mars contenue dans un «  Non-paper sur les éléments qui pourraient constituer un programme de travail ».

Il y a lieu de souligner le soutien apporté à cette initiative par la récente Conférence ministérielle des Pays Non Alignés de la Havane, des pays membres de l’OCI à Djeddah, ainsi que par le groupe arabe à la 3ème session du comité préparatoire de la Conférence d’examen du TNP, a New York, sans oublier les nombreuses expressions de soutien d’Etats membres des 4 groupes de la Conférence.

Je voudrais ici féliciter les P.6 qui, répondant à ces échos favorables, ont fait leur cette proposition et ont décidé de la formaliser en tant que document officiel de la Conférence.

Nous souhaitons que, sur cette base, les P.6 entament le plus rapidement possible, parce que la conjoncture y est favorable, un nouveau cycle de consultations avec les Etats Membres, pour sauvegarder et consolider les acquis obtenus, mais qui demeurent encore fragiles. Il est à espérer que la Conférence ne laissera pas passer cette occasion propice à l’émergence d’un consensus inclusif. Jamais les conditions n’y ont été aussi encourageantes.

L’adoption du Programme de travail, dans ces circonstances, apparaîtrait alors comme l’aboutissement d’efforts méritoires de tous les Etats Membres. Mais ce n’est en même temps qu’un simple point de départ pour la relance des travaux de fond. Applicable à la seule année en cours, il faut espérer que le Programme de travail qui sera approuvé offrira le cadre idoine pour la poursuite des négociations et discussions durant la période ultérieure.


Des tâches urgentes et d’autres à moyenne échéance attendent la Conférence :

1 - Aussitôt après l’adoption de son programme de travail et conformément à l’article 28 de son règlement intérieur, la Conférence devra nommer les Présidents de Groupe de travail et les Coordonnateurs spéciaux. Elle devra également convenir de son calendrier de travail.

2 - Le véritable  « nouveau départ » aura lieu lorsque s’engageront effectivement les négociations, discussions et échanges de vues et d’informations de fond, sur les 7 points de l’ordre du jour.

Par votre engagement déterminé et constructif sur le travail de fond qui vous attend sur le moyen terme, vous exprimerez en commun le refus de subir l’avenir et votre volonté d’en être les artisans multilatéraux au service des aspirations universelles d’un monde de paix et de sécurité.


Je vous remercie pour votre aimable attention.