Droits de l'Homme

Déclaration de la Délégation algérienne 35ème session du Conseil des Droits de l’Homme Point 3 : de l’ordre du jour Dialogue groupé avec - le Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences -la Rapporteuse spéciale s

Monsieur le Président ;

Nos remerciements à M. Diego García-Sayán pour son premier rapport qui trace la feuille de route pour ses futures activités, à laquelle nous exprimons par ailleurs notre soutien. Ma délégation saisit cette occasion pour rappeler qu’à l’occasion de la présentation de son troisième rapport de l’Examen Périodique Universel, le 8 mai dernier, le Gouvernement algérien avait adressé une invitation à M. le Rapporteur spécial sur l’indépendance des juges et des avocats ainsi qu’à cinq autres titulaires de mandats pour effectuer des visites en Algérie.

Ma délégation remercie également Mme Dubravka Šimonović, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, pour la présentation de son rapport, dans lequel elle a insisté sur le rôle de l’Etat pour combattre la violence à l’égard des femmes.

Les stéréotypes négatifs à l’égard des femmes engendrent souvent une violence invisible qui provoque ou qui explique une bonne partie de la violence physique contre les femmes. Ma délégation souhaiterait savoir si Mme la Rapporteuse spéciale pourrait consacrer davantage d’importance à cette question de violence invisible à l’égard des femmes dans les sociétés ?

En ce qui concerne l’Algérie, la prise en charge de la violence à l’égard des femmes, est assurée à travers plusieurs mécanismes et textes. Les réformes importantes qui ont été introduites sur le cadre juridique national ont permis des avancées considérables dans le sens de l’éradication de la violence à l’égard des femmes sous toutes ses formes. La loi 15-19 adoptée en 2015 pénalisant la violence domestique, une première dans la région, s’ajoute aux autres dispositifs de lois portant essentiellement sur l’incrimination du harcèlement sexuel et l’octroi à la victime les moyens juridiques pour poursuivre l’auteur en justice.

Une stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes est en vigueur depuis 2007.Une Commission nationale a été instituée le 25 novembre 2013, afin de s’assurer de la mise en œuvre effective de cette stratégie nationale. Elle regroupe des représentants des différents secteurs ministériels directement impliqués, des associations actives dans le domaine de la lutte contre la violence faite aux femmes, des universitaires et des experts.La Commission a identifié trois axes de travail:

- l’amélioration de la qualité de la prise en charge ;

- le renforcement du volet préventif à travers l’autonomisation de la femme dans les différents domaines.

- l’information et la sensibilisation.

La prise en charge des femmes et des filles victimes de violence s’effectue à travers le dispositif d’écoute, d’orientation, d’accompagnement et de réinsertion renforcé à travers tout le territoire national. Des équipes multidisciplinaires, composées de psychologues, de médecins, de juristes et d’assistants sociaux, placées au niveau de l’ensemble des Wilayas, se chargent de l’accueil et de l’orientation des femmes en détresse. A cela s’ajoutent trois dispositifs qui sont tous opérationnels à savoir le numéro vert pour signaler les cas de violence, l’espace de médiation familiale et sociale, et le dispositif de consulting Familial.

L’objectif de tous ces dispositifs consiste en la réinsertion familiale et sociale de ces femmes ainsi que leur intégration professionnelle et économique à travers les programmes mis en place. Dans le but d’améliorer l’intervention des équipes pluridisciplinaires de prise en charge des femmes en difficulté, un protocole d’accord a été signé avec l’ONU-Femmes, pour la formation de formateurs des équipes d’écoute et d’orientation à travers le territoire national

La Prise en charge résidentielle des femmes violentées et ou en situation de détresse s’effectue par les Centres Nationaux d’accueil pour jeunes filles et femmes victimes de violence, qui assurent, entre autres :

- l’accueil, l’hébergement et la prise en charge médico-socio-psychologique avec les services compétents de la santé, des femmes victimes de toutes formes de violences ou en difficulté admises au sein de ces Centres ;

- l’établissement d’un diagnostic des troubles psychologiques des femmes admises pour une prise en charge globale ;

- la valorisation des femmes par l’autonomie financière.

 

Je vous remercie Monsieur le Président.