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Questions économiques

Déclaration de la délégation algérienne au Segment de haut niveau : « Vers une reprise durable » de la 57ème session du Conseil du Commerce et du Développement / CNUCED / Genève, du 15 au 28/9/2010

 


Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement
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57ème session du Conseil du Commerce et du Développement
 
 
(Genève, du 15 au 28/9/2010)
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Segment de haut niveau : « Vers une reprise durable »
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Déclaration de la délégation algérienne
 
Genève, le 15/9/2010
 
 
 
 
Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs les ministres,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et messieurs,
Monsieur le président,
Permettez-moi, au nom de la délégation algérienne, de vous présenter mes félicitations pour votre prise de fonctions en tant que Président de la 57ème session du Conseil du Commerce et du Développement de la CNUCED. Mes félicitations s’adressent également aux autres membres du bureau.
Je remercie le Secrétariat pour les efforts qu’il a fournis pour préparer la présente session du Conseil, et pour la pertinence de l’analyse contenue dans le Rapport sur le Commerce et le Développement 2010.
La délégation algérienne souscrit aux déclarations prononcées par les représentants permanents de Cuba, au nom des Soixante-dix-sept plus la Chine, et de l’Egypte, au nom du Groupe africain.
Monsieur le Président,
La session du Conseil du Commerce et du Développement qui nous réunit aujourd’hui s’insère dans une multitude d’événements d’une importance majeure et en lien étroit avec l’agenda de la CNUCED. Elle succède au dernier Sommet du G20, tenu à Toronto, au mois de juin dernier, s’inscrit en prélude au Sommet sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, de la fin du mois de septembre courant, et précède la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, prévue à Istanbul, en 2011.
La délégation algérienne estime pertinent le thème du segment de haut niveau, dédié aux politiques de développement pour une reprise durable. Ceci témoigne du rôle important que doit jouer la CNUCED dans la réalisation des objectifs de développement internationalement agréés. Elle ne peut s’acquitter de cette mission que s’il y a une synergie parfaite entre les trois piliers de son mandat, que sont le consensus, la recherche et l’assistance technique et entre ses fonctions de forum de délibération, d’instance de négociation, d’incubateur d’idées et d’agence d’assistance technique.
Monsieur le Président,
Le monde continue à être en proie des répliques d’une crise dont l’ampleur a été comparée, à juste titre, à celle de la Grande Dépression. Multiforme, cette crise a mis en déroute les économies développées et en développement. L’espoir que l’on partageait il y une décennie, de parvenir à un monde meilleur où tout pays peut tirer pleinement profit des avantages qu’offre la mondialisation s’est estompé.
L’on est obligé désormais, de composer avec un système économique international défaillant, toujours soumis à l’instabilité et aux aléas d’une conjoncture économique mondiale, en proie à la spéculation effrénée, au mépris des intérêts vitaux du plus grand nombre.
Nous ne cesserons jamais de dénoncer la gestion des Gardiens du Temple de l’orthodoxie financière qui ont complètement failli dans leur tâche et qui, plus grave encore, ont réduit les effets des efforts déployés et des sacrifices consentis par le monde en développement pour la réalisation des OMD.
Le seuil d’un dollar par jour identifié par les Nations Unies en tant qu’unité de mesure de la pauvreté extrême, a perdu toute sa signification. Comment subsister avec un tel revenu, alors que l’on subit les conséquences de la flambée spectaculaire des cours des denrées alimentaires de base ?!
Monsieur le Président,
Certes, il appartient aux pays en développement de relever les défis qui les assaillent et dont les origines sont venues en grande partie d’ailleurs. Toutefois, le concours de la CNUCED en tant qu’Institution des Nations Unies chargée du traitement intégré des questions liées au Commerce et au Développement est plus que jamais nécessaire, compte tenu de l’urgence de rattraper le retard accumulé en matière de réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire du fait de la Crise.
L’Algérie adhère pleinement aux idées développées par la dernière version du Rapport de la CNUCED sur le Commerce et le Développement. Face à la reprise fragile de l’économie mondiale, l’adoption par les économies développées, de mesures de redressement budgétaires au détriment des politiques macroéconomiques de stimulation de la demande, et l’éventualité d’une baisse substantielle du volume des échanges commerciaux internationaux, les pays en développement devront opter pour une stratégie visant à renforcer la demande intérieure, plutôt qu’à accroitre le volume de nos exportations. Fondée sur la création d’emplois, cette stratégie est à même d’engendrer un cercle vertueux susceptible de nous défaire de notre dépendance vis-à-vis de la demande extérieure et des aléas qui en sont liés. En sus de la résorption du chômage et de la réduction de la pauvreté, ces stratégies ont pour finalité la stimulation de la demande intérieure à laquelle les secteurs productifs doivent nécessairement répondre par un accroissement de la production, ce qui stabilise le niveau général des prix et contrôle l’inflation.
La création d’emplois suppose néanmoins, davantage d’investissements, lesquels requièrent des infrastructures de base viables, une main-d’œuvre qualifiée et compétitive, un environnement favorable, ainsi que des mesures fiscales, monétaires et de change incitatives. Ce sont malheureusement des préalables auxquels la majeure partie du monde en développement ne peut satisfaire sans une aide internationale suffisante, durable et prévisible.
En termes absolus, les décaissements nets de l’Aide publique au développement ont reculé de 2% par rapport à l’année dernière, avec un montant de près de 120 milliards de dollars, pour 2009, contre 122 milliards, en 2008. Le niveau actuel de l’APD reste bien en deçà des engagements pris par les donateurs lors du Sommet du G8 de Gleneagles et du Sommet mondial des Nations Unies de 2005, où il a été décidé de faire passer le montant total de l’Aide de 80 milliards de dollars en 2004, à 130 milliards en 2010, à valeurs constantes de 2004.
C’est pourquoi, nous appelons à une plus grande prévisibilité de l’APD, pour que la réalisation des OMD ne soit pas plus gravement compromise par le désordre engendré par la Crise économique et financière internationale. Nous appelons également à une plus grande harmonisation de cette Aide, de manière à ce qu’elle ait un impact positif sur les économies des pays bénéficiaires.
Monsieur le Président,
Les principes fondamentaux ayant présidé à la création de la CNUCED demeurent toujours d’actualité. Depuis plus de quatre décennies, cette Organisation n’a ménagé aucun effort pour nous doter des moyens nous mettant à même de mieux comprendre le processus de développement et les facteurs qui contribuent à la croissance économique.
Il nous faut renforcer son mandat, dans le contexte de réforme du Système des Nations Unies, compte tenu des défis que ce Système doit relever. Ainsi, les résultats de nos délibérations doivent servir de fil conducteur pour la promotion de la coopération internationale au service du Développement et non pas comme une simple caisse de résonnance de ce qui a été déjà décidé ailleurs.
Je vous remercie de votre attention.